Comment la reconnaissance favorise la sécurité physique et psychologique au travail
Par Caitlin Ahne-Hawley, responsable marketing chez O.C. Tanner Australie
Par Caitlin Ahne-Hawley, responsable marketing chez O.C. Tanner Australie

Partout en Australie, la législation en matière de santé et de sécurité au travail met de plus en plus l’accent sur les risques psychosociaux, le devoir de diligence et la gestion préventive de la sécurité. En conséquence, les organisations investissent massivement dans le renforcement de leurs systèmes, politiques, procédures et mécanismes de signalement en matière de sécurité. Cependant, de nombreux dirigeants peinent à traduire ces engagements en mesures concrètes favorisant activement la sécurité dans le travail quotidien.
La solution ? La reconnaissance. Pas seulement des récompenses et célébrations classiques, mais une démarche pleinement intégrée qui met en avant ce qu’est une performance sûre et saine.
Une reconnaissance opportune et significative contribue à mettre l'accent sur les comportements favorables à la sécurité et favorise la mise en place, au fil du temps, d'un environnement de travail sûr. Elle aide les organisations à trouver un équilibre entre le souci du bien-être et la performance, tout en renforçant la responsabilisation au sein des équipes.
Bien qu'ils soient liés, le climat de sécurité et la culture de sécurité sont deux notions distinctes, et l'amélioration des résultats organisationnels nécessite de se concentrer sur les deux. Sinon, les organisations risquent de se contenter de mesurer le sentiment sans s'attaquer aux systèmes et comportements sous-jacents qui influencent la sécurité à long terme.
Le climat de sécurité peut servir d'outil de diagnostic, tandis que la culture de la sécurité constitue votre objectif à long terme. La reconnaissance est l'un des rares leviers qui agit sur ces deux aspects, tant dans l'immédiat qu'à long terme.

De nombreuses entreprises se soucient sincèrement de la sécurité et du bien-être de leurs salariés. Cependant, elles peuvent s'appuyer sur des systèmes qui, sans le vouloir, envoient des messages contradictoires.
Par exemple, il arrive parfois que les résultats en matière de sécurité soient principalement mesurés à l’aide d’indicateurs retardés, tels que les taux d’accidents, les périodes sans incident et les résultats en matière de conformité. Dans ce cas de figure, la reconnaissance des efforts en matière de sécurité est souvent effectuée sur une base annuelle, sous le contrôle des dirigeants, et liée à des séries d’incidents évités (par exemple, des jalons « zéro accident »).
Parmi les conséquences imprévues de cette approche, on peut citer :
Cela affaiblit le climat de sécurité (le sentiment de sécurité au travail tel qu'il est vécu) bien avant que les incidents n'apparaissent dans les données.
« Ce que les organisations choisissent de valoriser envoie un signal clair sur ce qui compte vraiment et façonne la culture qui en découle. »
— Nadia Beedeison, responsable de la stratégie client chez O.C. Tanner
La sécurité peut être mesurée de deux façons :
Ensemble, ils donnent une vue d'ensemble des performances d'une organisation en matière de sécurité. Les organisations ont souvent tendance à accorder une importance excessive aux indicateurs de retard, car ceux-ci sont plus faciles à mesurer ; pourtant, les indicateurs avancés constituent un indicateur tout aussi fiable de la sécurité sur le lieu de travail.
Si la reconnaissance est souvent considérée avant tout comme un facteur de motivation, elle constitue également un outil puissant pour faciliter la gestion des risques dans les environnements où la sécurité est primordiale.
Lorsque la reconnaissance renforce systématiquement des comportements tels que le fait de s'exprimer ouvertement ou de vérifier les contrôles, elle constitue un indicateur avancé des performances en matière de sécurité.
Une reconnaissance efficace renforce les comportements qui permettent d'éviter les préjudices, notamment :
Ces comportements contribuent à réduire les risques avant qu'un incident ne se produise. Lorsqu'ils sont remarqués et encouragés, les gens les adoptent systématiquement.
« L'attention positive est 30 fois plus efficace que l'attention négative… Les gens n'ont pas besoin de retours d'expérience ; ils ont besoin qu'on s'intéresse à ce qu'ils font le mieux. »
—Marcus Buckingham, HBR

La reconnaissance est un dispositif de renforcement comportemental qui contribue à la sécurité en :
Au sein d'une organisation, la sécurité dépend du comportement des dirigeants. Ce que les dirigeants privilégient, tolèrent et récompensent est rapidement interprété par les salariés comme ce qui compte vraiment. Lorsque ces signaux sont contradictoires, la culture d'entreprise s'érode. Lorsqu'ils sont cohérents, la sécurité s'intègre naturellement dans les pratiques de travail.
Les dirigeants ne se contentent pas d'exprimer leurs attentes : ils les incarnent en temps réel.
Les dirigeants doivent s'attacher à réagir de manière constructive face aux mauvaises nouvelles, à reconnaître tant les efforts que les résultats, à montrer l'exemple en matière de vulnérabilité et à rendre la sécurité visible à travers leurs décisions et leurs communications. C'est dans ces moments du quotidien, en particulier lorsqu'il faut faire des compromis, que les dirigeants renforcent ou, sans le vouloir, sapent une culture de la sécurité.
Au fil du temps, ces signaux répétés façonnent les normes au sein de l'équipe et déterminent en fin de compte si les employés se sentent en confiance pour s'exprimer, signaler les risques et donner la priorité à la sécurité.
Les systèmes, les politiques et les comportements jouent un rôle essentiel dans la création d’une culture axée sur la sécurité ; toutefois, les différences entre ces facteurs n’expliquent pas entièrement pourquoi les pratiques de sécurité sont maintenues dans certains environnements et s’affaiblissent dans d’autres. Les organisations doivent également tenir compte de l’identité sociale et de la manière dont les salariés se perçoivent par rapport à la sécurité au travail.
Le comportement n'est pas seulement façonné par des règles, mais aussi par des convictions communes sur qui nous sommes, ce que font les personnes comme nous et ce qui est valorisé au sein de l'organisation. Les cultures axées sur la sécurité sont le fruit d'une construction sociale, et la reconnaissance joue un rôle essentiel pour faire savoir ce qui est remarqué et valorisé.
Les cultures d'entreprise efficaces, axées sur la sécurité, peuvent être appréhendées à travers un prisme fondé sur l'identité sociale qui relie trois domaines clés :
À ce niveau, il s'agit de la façon dont une personne se perçoit par rapport à la sécurité.
Les particuliers se demandent :
La sécurité psychologique détermine si les individus s'expriment ou gardent le silence.
Reconnaissance des employés :
Exemple : savoir prendre la parole, signaler les risques ou soutenir les autres.
Ce terme désigne l'identification à un groupe, la définition de ce qui est considéré comme « bien », et c'est là que se forgent les normes communes.
Les équipes demandent :
Un décalage à ce niveau peut donner naissance à des sous-cultures néfastes (par exemple, la primauté de la performance sur la sécurité, la pression exercée pour que les incidents ne soient pas signalés).
Le rôle de la reconnaissance : elle renforce les normes de l'équipe, et pas seulement les attentes.
À ce niveau, la sécurité fait partie intégrante de l'identité de l'organisation ; c'est ce qui permet de déterminer si elle revêt une réelle importance ou si elle n'est qu'une simple déclaration d'intention.
Au sein des organisations, les gens se demandent :
Un manque de cohérence dans ce domaine risque d'entraîner un décalage entre les messages diffusés et les expériences vécues, ce qui peut susciter du cynisme (« On dit que la sécurité est importante, mais… »).
Le rôle de la reconnaissance :

Le rapport 2026 d’O.C. Tanner sur l’état de la reconnaissance des salariés montre que les salariés sont sept fois plus enclins à rester dans une entreprise lorsque la reconnaissance favorise des relations solides au travail. Ces relations sont essentielles. Elles favorisent la confiance dont les salariés ont besoin pour oser s’exprimer, intervenir rapidement et agir avec discernement même sous pression.
Les risques psychologiques sont de plus en plus pris en compte dans les réglementations en matière de sécurité à travers le monde. Les organisations ont besoin de moyens concrets pour démontrer comment ces risques sont pris en compte dans le travail quotidien, et pas seulement consignés dans des documents de politique générale.
Lorsque les gens ont le sentiment d'être écoutés, respectés et valorisés, ils sont plus enclins à faire part de leurs préoccupations, à reconnaître leurs incertitudes ou leurs erreurs, et à intervenir lorsqu'une situation leur semble dangereuse.
La reconnaissance contribue à instaurer ce climat en faisant évoluer la sécurité : elle ne repose plus uniquement sur des règles, mais sur une responsabilité partagée et un sentiment de fierté.
Traditionnellement, la sécurité relevait souvent de la responsabilité d'équipes dédiées, fonctionnant indépendamment des ressources humaines. Cependant, la sécurité physique et la sécurité psychologique sont étroitement liées. La sécurité ne peut plus être cantonnée à une seule fonction. Elle doit être mise en œuvre à tous les niveaux de l'organisation.
Si les services chargés de la sécurité et des ressources humaines jouent un rôle essentiel et complémentaire, ce sont en fin de compte les chefs d'équipe qui déterminent si la sécurité est considérée comme une priorité, mise en pratique et maintenue dans le cadre du travail quotidien.
Au sein des organisations, on distingue trois niveaux de responsabilité partagée en matière de sécurité :
Lorsque ces différents niveaux fonctionnent en synergie et permettent de valoriser l'expérience et la parole des collaborateurs, la sécurité s'intègre naturellement dans le déroulement du travail.

Certaines organisations craignent que la reconnaissance des comportements axés sur la bienveillance ne réduise le sens des responsabilités, mais les recherches issues Rapport mondial sur la culture 2026 » d’O.C. Tanner démontrent que prendre soin de ses collaborateurs est la clé d’un personnel épanoui et durable. La santé mentale s’améliore lorsque les organisations apportent leur soutien, et les collaborateurs qui bénéficient d’un soutien important présentent un risque moindre de dépression (–47 %) et d’épuisement professionnel (–88 %).
Les organisations qui affichent de bons résultats allient des attentes élevées (clarté, normes et responsabilité) à un soutien important (attention, reconnaissance, confiance et ressources). Cet équilibre permet d'obtenir des résultats durables sans risque d'épuisement professionnel. Dans ce contexte, la reconnaissance devient le mécanisme qui relie l'effort à des résultats significatifs sans pour autant affaiblir les normes.
Comment la reconnaissance peut-elle contribuer à ancrer la sécurité dans la culture d'entreprise ? Avant de pouvoir accorder une reconnaissance, il faut définir clairement les comportements sûrs, aligner vos programmes de reconnaissance sur ces comportements et suivre les indicateurs avancés ainsi que les résultats.
À partir de là, vous pouvez former vos collaborateurs et vos responsables à identifier efficacement :
Les cadres intermédiaires et les responsables jouent un rôle essentiel dans ce processus, en traduisant les attentes de l'organisation en signaux quotidiens qui déterminent dans quelle mesure les collaborateurs se sentent en confiance pour s'exprimer et agir avec prudence.

Treasury Wine Estates (TWE) s'appuie sur la reconnaissance pour favoriser un climat de bien-être tout en continuant à mettre l'accent sur la sécurité et la performance. Dans le cadre de leur engagement constant en faveur du bien-être de leurs collaborateurs, ils :
Ainsi, les enquêtes annuelles menées par TWE sur l’engagement et l’inclusion ont montré que la sécurité et la bienveillance sont des facteurs souvent très bien notés. Cette approche démontre comment la reconnaissance et une bienveillance manifeste peuvent faire évoluer la sécurité, la faisant passer d’une simple obligation de conformité à une valeur culturelle partagée, garantissant ainsi que les comportements proactifs en matière de sécurité s’intègrent dans les pratiques quotidiennes.

« Il s’agit de créer un environnement propice à la santé mentale et physique des collaborateurs. Dans une culture axée sur la haute performance, le bien-être est souvent relégué au second plan au profit de l’exécution et des résultats. Pour nous, la pandémie a mis en évidence la nécessité de rétablir un nouvel équilibre, en évoluant vers une culture où la sécurité psychologique et la responsabilité coexistent. Lorsque les collaborateurs se sentent en sécurité et valorisés, ils sont plus enclins à remettre en question le statu quo, à partager leurs idées et à innover. »
—Leon Butler, responsable mondial de la performance et de la rémunération chez Treasury Wine Estates
Les organisations ne construisent pas leur culture uniquement grâce à des politiques. La culture se forge à partir de ce qui est remarqué, renforcé et répété au quotidien.
Lorsque la reconnaissance met systématiquement en avant les comportements qui protègent les personnes, cela envoie un message fort. Cela montre aux employés que la sécurité n'est pas en contradiction avec la performance, mais qu'elle la favorise.
Dans des environnements où le risque est bien réel et où la pression est constante, la reconnaissance stratégique va au-delà du simple encouragement. Elle devient une véritable infrastructure, intégrant discrètement la bienveillance dans la performance, et la performance dans la bienveillance.